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Marathon des 32 Sonates

Opus 101 :
Sonate pour piano n° 28
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Opus 106 :
Sonate pour piano n° 29
« Hammerklavier »

Marathon des 32 Sonates

La Sonate n°28 en la majeur, op. 101 fut composée en 1816, publiée en février 1817 et dédiée à la baronne Dorothea Cécilia Ertmann que le compositeur surnommait affectueusement sa « Sainte Cécile ».

La Sonate n°28 opus 101 est la première des sonates dites « tardives » de Beethoven, quand sa musique prit une nouvelle direction, plus personnelle, intime, parfois même libre et fantaisiste. Durant cette période, il obtint une maîtrise complète des formes, des textures et des tonalités et de ce fait il créa des œuvres d'une profondeur et une beauté remarquables. Une autre caractéristique de ses œuvres tardives est d'intégrer des techniques contrapuntiques (par exemple, un canon ou une fugue) dans une forme sonate.

Beethoven lui-même décrivait cette sonate (composée dans la ville de Baden au sud de Vienne au cours de l'été de 1816) comme « une série d'impressions et de rêveries ». La nature plus intime des dernières sonates a probablement un lien avec sa surdité, qui, alors presque totale, l'isola de la société si bien qu'il ne pouvait communiquer avec des amis et des visiteurs que par des cahiers de conversation.

Pour la première fois Beethoven utilisa le terme allemand Hammerklavier pour se référer au piano (bien qu'il l'utilisa aussi par la suite pour sa sonate Opus 106, qui deviendra connue sous le nom de Sonate für das Hammerklavier).

Ce fut la seule de ses 32 sonates que Beethoven entendit jouer publiquement de sa vie ; ce fut en 1816, et l’interprète était un amateur.

Cette sonate comporte quatre mouvements, intitulés en allemand comme dans la sonate opus 90.

La Sonate n°29, en si bémol majeur, opus 106 dite « Hammerklavier », "l'Himalaya des Sonates", fut composée entre 1817 et 1819 et publiée en septembre 1819. La dédicace alla à l'archiduc Rodolphe. Intitulée « Große Sonate für das Hammerklavier » (grande sonate pour le piano-forte), elle était destinée comme déjà l'opus 101 aux instruments les plus modernes de l'époque dont elle exploitait toutes les possibilités techniques.

Le titre « Hammerklavier » vient du terme allemand pour « piano-forte », donné par le musicien qui voulait ainsi rappeler à ses contemporains que le piano-forte était une invention allemande, comme il l'écrivait à Tobias Haslinger en 1817. Le terme « Hammerklavier » (littéralement : clavier à marteaux) — qui marque une nette distinction entre les cordes frappées du piano moderne et les cordes pincées du clavecin — semble aussi souligner le caractère percussif de l'instrument, mis particulièrement en valeur par l'introduction « martelée » de cette sonate.

Mettant fin à quatre années d'une quasi-stérilité artistique, sa composition fut contemporaine de celle du Kyrie de la Missa Solemnis et des toutes premières esquisses de la Neuvième Symphonie, à une époque où la surdité du musicien était devenue totale. L'œuvre fut publiée le 15 septembre 1819. Elle est sa plus vaste partition pour piano solo par sa longueur et l'ampleur de son souffle. Le musicien confia à son éditeur : « Voilà une sonate qui donnera de la besogne aux pianistes, lorsqu'on la jouera dans cinquante ans ».

Elle comprend quatre mouvements et son exécution dure environ 45 minutes. Le troisième mouvement, adagio sostenuto, est remarquable par ses proportions (près de vingt minutes), qui en fait le plus long mouvement lent qu'ait écrit Beethoven. Le pianiste Wilhelm Kempff en a dit : « C'est le plus grand monologue pour piano que Beethoven ait jamais écrit. » Le final est une immense fugue à trois voix d'une complexité redoutable pour les exécutants.

Rendant compte de l'immensité de cette œuvre, le pianiste italien Ferruccio Busoni déclarait que « la vie d'un homme est malheureusement beaucoup trop courte pour apprendre l'Opus 106 ».

Pour Badura-Skoda, « La Hammerklavier est pour nous pianistes, ce que la neuvième symphonie est pour le chef d'orchestre : l'œuvre monumentale, l'œuvre culminante, ou, mieux encore, l'œuvre qui parcourt tout autant les profondeurs que les sommets. Aussi ne l'approchons-nous qu'avec respect ».

28e Sonate en la majeur, op. 101 (env. 20 min) - Luca Montebugnoli, piano-forte
1. Etwas lebhaft, und mit der inngsten Empfindung.
(Assez vif avec le sentiment le plus intense). Allegretto, ma non troppo
2. Lebhaft. Marschmäßig. (Animé. Mouvement de marche). Vivace alla Marcia
3. Langsam und sehnsuchtsvoll.
(Lent et plein d'une inspiration ardente). Adagio, ma non troppo, con affetto
4. Geschwind, doch nicht zu sehr und mit Entschlossenheit.
(Vite, mais pas trop et avec décision). Allegro

29e Sonate, en si bémol majeur, opus 106 « Hammerklavier » (env. 45 min) - Olga Pashchenko, piano-forte
1. Allegro
2. Scherzo, assai vivace
3. Adagio sostenuto. Appassionato e con molto sentimento
4. Largo, Allegro risoluto