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Marathon des 32 Sonates

Opus 27 : Sonate n° 13
& Sonate n° 14 « Clair de lune »*
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Opus 28 : Sonate n° 15 « Pastorale »

	Marathon des 32 Sonates

La Sonate n°13, opus 27 n°1 fut composée entre 1800 et 1801, publiée en 1802 et dédiée à la princesse Joséphine von Liechtenstein. Comme la Sonate no 14, avec laquelle elle partage le numéro d'opus 27, elle est intitulée « Sonata quasi una fantasia », ce qui indique qu'elle ne suit pas la forme traditionnelle de la sonate. Tous les mouvements sont enchaînés, ce qui illustre une volonté d'unité chez Beethoven.

La Sonate n°14 en do dièse mineur, opus 27 n°2, surnommée « Sonate au Clair de lune », fut composée en 1801 et publiée en 1802 avec une dédicace à la comtesse Giulietta Guicciardi, jeune femme de dix-sept ans dont le musicien semble avoir été amoureux. Comme sa jumelle la Sonate no 13, Beethoven l'intitula Sonata quasi una Fantasia per il Clavicembalo o Piano-Forte, mais pas tant pour traduire sa volonté de s'affranchir des structures formelles de la sonate classique, que pour le sentiment d'improvisation que suscite le célèbre premier mouvement. La sonate fut composée entre les Première et Deuxième Symphonies, dans la période de crise morale que traversait Beethoven qui prenait conscience de sa surdité débutante. Son succès fut considérable aussi bien auprès des critiques (qui parlèrent de « fantaisie d'une unité parfaite, inspirée par un sentiment nu, profond et intime, taillé d'un seul bloc de marbre ») que du public. Des années plus tard, alors qu'il composait des œuvres plus audacieuses encore, Beethoven s'irrita du succès de cette sonate qu'il estimait moins bonne que d'autres. La comparant à la Sonate pour piano n°24 en fa dièse majeur qu'il venait d'achever, il déclara ainsi vers 1810 à son ami Czerny : « On parle toujours de la sonate en do dièse mineur, j'ai pourtant écrit mieux que cela, ainsi la sonate en fa dièse majeur est autre chose. »

Le surnom « Clair de lune », sous lequel elle est largement connue aujourd'hui, lui fut donné par le poète allemand Ludwig Rellstab en 1832, soit cinq ans après la mort de Beethoven. Rellstab voyait dans le premier mouvement de cette sonate l'évocation d'une « barque au clair de lune sur le Lac des Quatre-Cantons ».

La réalité est toutefois différente puisque le premier mouvement décrit une marche funèbre et que la sonate fut cataloguée comme musique de deuil ; son jeu par Beethoven évoquait, d'après ses assistants, des fantômes traînant leurs chaînes dans un château. Ces erreurs d'appréciation sont en grande partie dues à un jeu biaisé de la plupart des interprètes dans le but de répondre aux goûts du public.

La Sonate n°15 en ré majeur, opus 28, fut composée en 1801, publiée en 1802 sous le titre de « Grande sonate pour le piano-forte » et dédiée au comte Joseph von Sonnenfels. L'éditeur Cranz lui donna le titre de sonate « Pastorale », à ne pas confondre avec la Symphonie du même nom.

Composée peu après la sonate « Clair de lune », la Sonate n°15 appartient à la période délicate où Beethoven prenait conscience de sa surdité débutante. Mais rien n'y paraît dans cette œuvre sereine.

Le principe du bourdonnement du rondo final est déjà présent dans la coda des Sept danses WoO 11.

13e Sonate en mi bémol majeur, opus 27 n°1 (env. 15 min) - Maroussia Gentet, piano
1. Andante, en mi bémol majeur, à alla breve.
2. Allegro molto e vivace, en do mineur
3. Adagio con espressione
4. Allegro vivace

14e Sonate en ut dièse mineur, opus 27 n°2 (env. 15 min) - Olga Pashchenko, piano-forte
1. Adagio sostenuto
2. Allegretto
3. Presto agitato

15e Sonate opus 28, en ré majeur (env. 25 min) - piano
1. Allegro
2. Andante
3. Scherzo: Allegro vivace
4. Rondo: Allegro ma non troppo